Vendredi 4 janvier 5 04 /01 /Jan 16:06

L'oeuvre civilisatrice de Rome sur les contrées soumises passe, entre autre, par la construction d'un réseau de voies qui convergent vers la capitale et permet une communication aisée avec les "provinces".

Ces voies, qui sont avant tout des axes militaires, sont tracées sur d'anciennes drailles ou chemins gaulois existants remaniés, ou ont été créées de toutes pièces dans le souci d'un tracé rectiligne, le plus court possible.

La Gaule Narbonnaise était parcourue par deux Via Publicae venant de Rome. D'une part la voie Domitienne qui passait par les Alpes Cotiennes (Mont Genèvre, Briançon, Gap, Cavaillon, etc.) et d'autre part, plus près de la côte, par les Alpes Maritimes, la Voie Aurélienne.

D’une certaine façon, les voies romaines survivent à l’empire jusqu'à charlemagne, elles sont alors seules à assurer la circulation et la communication entre des citées. A l’époque la circulation ne nécessite pas de plus amples aménagements.

 

Lors de la décadence de la prépondérance de Rome et ce durant la seconde moitié du Vème siècle et le siècle suivant, le pouvoir central dépassé par les troubles et les invasions barbares, abandonna progressivement l'entretien régulier de ces voies

A l’époque carolingienne, c'est-à-dire le début de l’époque féodale, les changements sont peu nombreux et les voies romaines sont encore l’essentiel moyen de circuler

La féodalité, entreprenant le découpage des terres agricoles en fiefs, se sert néanmoins de ces voies antiques et de l'implantation des milliaires comme base inaliénable aux limites administratives des communes du Moyen-Âge naissant

 

Du VII ème siècle au IX ème siècle, en revanche de grand changement s’opèrent  la période d'insécurité demeure obscure par bien des côtés, l'économie se délabre et se cantonne à des échanges localisés, il n’y a plus d’échange entre les citées

Les gens ne s’aventurent pas sur les chemins, il y a trop d’insécurité. Les populations n'avaient pas d'autre choix que de se regrouper sous la protection d'un seigneur.

 

Les grandes voies internationales si elles ont survécu, voient progressivement leur revêtement de pierre ou de gravier se dégrader, on rétrécira leur emprise, pour ne conserver que le strict nécessaire au trafic.

 

 

Après la chute des barbares c’est l’église, et l’amélioration de la sécurité, qui fait renaître les échanges entre les cités. 

 

Après la guerre de 100ans le réseau routier ne s’est pas amélioré, jusqu'à la fin du XVe siècle il est encore à faire.

Ce sont des pièces juxtaposées de chaussée romaine, voies de pèlerin, chemin sauner, draille de transhumance, sentiers ruraux, forestiers et routes seigneuriales… (Ils sont mal soudés à leurs réseaux voisins et sont centrés vers leur capitale)

 

 

La RN113 :

La routes entre Arles et Salon de Provence est représentée sur les cartes les plus vielles.

Il serait possible d’associer son tracé à celui de la voie Aurélia, cette voie suit un très ancien chemin de trans­humance celto ligure, une « draille ». Malheureusement le tracé même de cette "Viae Publicae" est sujet à controverse la voie joint en effet les villes de Salon et Arles ce qui correspondrait au tracé actuel de la nationale 113. Mais de manière plus précise, il semblerait que la voie romaine passe au dessus de la nationale, par Eguières, Aureille (d’où viendrait son nom) et Mouries, puis rejoint Arles.

La Voie Aurélienne  est visible encore sur 5m sur le domaine du Merle en Crau et il existe encore aujourd’hui à Salon une borne miliaire qui témoigne de son existence.

  borne-miiaire-du-domaine-du-merle.jpg

Au cours de l’histoire la route a évolué. Ainsi elle apparaît sur la carte de Cassini datant de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sous le nom de route d’Arles ; à cette époque il arrive de la voir apparaît sous le nom de « route royale ».

En 1827 la route d’Arles se trouve classifiée comme une « route de 3eme classe »

En 1822 sur le cadastre napoléonien e la ville d’Arles ainsi que sur d’autres cartes, notamment une carte de 1833, la future nationale 113 est déjà répertoriée comme « route départementale n°1 d’Arles à Marseille » c’est alors un axe très important dans le département.

Cette classification va durer jusqu’à la fin du siècle comme le montre une carte routière (de 1922) représentative du réseau  routier des Bouches du Rhône à la fin du XIXe où la future nationale 113 est encore nommée « départementale n°1 ».

En 1922 sur le Plan du village de St Martin de Crau, la « départementale n°1 » est inscrite comme « chemin de grande communication n°4 » ; de même que sur un plan d’assemblage du territoire de St Martin de Crau datant de 1925. La classification officielle de ces routes n’était pas encore définitive ou définitivement connue.

 

 

RN 568 :

La route qui relie Arles et Fos date de l’antiquité. En effet elle apparaît déjà sur la carte de Peutinger[1] en un axe direct entre Fossis Marianis, qui est alors un grand port, et Arelate. Par ailleurs, son tracé actuel de nationale correspond parfaitement au tracé de la voie Littoral. Cette voie romaine est un embranchement de la via publicae Aurelia et va de Marseille à Arles.

 

table-peutinger.jpg

 

Sur la carte de Cassini l’axe Arles Fos est visible il est représenté de la même manière que la route d’Arles mais n’est pas nommée.

Sur une carte de 1827 la future nationale 568 est classée « route de classe 3 » comme l’axe Arles Salon.

En 1833 la RN 568 apparaît comme route départementale sur une carte pourtant, comme ce fut le cas précédemment pour l’axe Arles Salon, il semble que cette classification ne soit pas suivie ; en effet, sur une carte de 1896 elle apparaît encore comme un chemin d’intérêt commun, le n°30.

Et  sur le plan d’assemblage du territoire de St Martin de Crau datant de 1925 la nationale 568 porte aussi cette appellation de « chemin d’intérêt commun n°30.

En Mars1974 la RN 568 est mise en service en tant que telle, c’est alors la voie rapide Fos Arles.

 

 

Nationales 569 et 1569 :

         La route nationale 569 est particulière ; cet axe de communication n’a pas subit une évolution globale mais par tronçon au cour de l’histoire. Sans compter sur la déviation de le RN 569 en RN 1569 qui contourne Istres. Les tronçons sont délimités par les quatre villes que la nationale traverse.

 

Nous allons donc observer ces tronçons individuellement :

 

Miramas (jonction avec la RN113)-Salon :

Il existait déjà une voie de communication entre Istres et Salon au XVIIIe siècle, elle apparaît déjà sur la carte de Cassini (mais pas l’axe entre Istres et Fos).

Sur la carte administrative des Bouches du Rhône datant de 1822 l’axe routier entre Istres et Miramas est clairement représenté même si il n’est pas nommé.

Il apparaîtra sous le nom de chemin de grande communication n°7 sur la carte routière de la fin de XIXe (édité en 1922).

Quand à l’axe routier entre Miramas et la jonction avec la 113 (alors appelée chemin de grande communication n°30), on le voit sur le plan d’assemblage de du territoire de St martin de Crau datant de 1925 sous le nom de « chemin de grande communication n°9 »

En juin 1976 la RN 569 est déviée entre Fos et Rassuen et devient la RN 1569 avec le tracé qui nous concerne aujourd’hui.

 

  

Istres-Fos :

La route entre Istres et Fos est visible sur une carte du début du XIXe siècle (plan d’une partie de communes d’Istres Fos et St Mitre) alors appelée « chemin de Grande communication n°8.

En 1974 la RN 569 n’est pas encore une nationale entre Fos et Istres, c’est alors une route à trafic local.

 

 

En novembre 1976 un décret déclare d'utilité publique et urgente la construction de la section de l'autoroute A56 entre Fos et Miramas.



[1] La table de Peutinger ne date que du Moyen Age, mais c’est la copie (de copie...) d'une carte routière de l’empire romain, unique. C’est la carte des étapes de Castorius où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain on peut situer ses dates entre -109 et 308.

 

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Mardi 13 novembre 2 13 /11 /Nov 17:38
Faucon crécellerette, alouette calandre, Ganga canta, outarde canepetière, oedicnème criard, rollier d’Europe…
L alouette calandre a vu sa population française diminuer fortement depuis les années 50.
Recensement de la population d’Alouette calandre : effectif évalué : 62 à 70 couples reproducteurs d’après l’équipe de la réserve naturelle. Dans la plaine de la Crau il y a la seule population viable de cette espèce.
Le Ganga canta qui est une espèce sédentaire ne vit sur le territoire Français, que sur la plaine de la Crau avec un effectif de 115 couples .
La plaine de la Crau accueille 40% des effectifs français d’outardes canepetière, c’est une espèce steppique adaptée aux plaines ouvertes.
Les vautours percnoptères ont  disparut depuis quelques années sur ce territoire, dû aux restriction sanitaires. Le fait d’enlever systématiquement les cadavres d’animaux a réduit les ressources alimentaires de ces vautours. Le CEEP a mis en place des aires de nourrissages, c'est-à-dire : laisser des cadavres de moutons au niveau de placette équipées d’un dispositif de prise de vue automatisé qui permet de mesurer la fréquentation par le vautour percnoptère.
La population européenne de faucon crécerellette a diminué de 90 % depuis le milieu du XXe siècle. En France, seulement 151 couples nicheurs ont été recensés sur 2 sites dont la plaine de la Crau. En 2003, il y avait 127 couples nicheurs en Crau contre 3 en 1983.
La plaine de la Crau comporte des zones d’alimentation, de nidification et de repos  pour le Faucon crécerellette.
Le Milan royale voit ses effectifs d’hivernages localisés surtout en Crau.
Globalement, en relation avec la réduction du coussous, on assiste à une réduction des insectes et donc des oiseaux insectivores en Crau (Rollier d’Europe, Huppe fasciée, Chevêche d’Athéna…)
 
Les populations de lièvre et de lapins sont en pleine régression . Les principales causes sont : les perturbations causées par le bruit, les maladies.
  
La principale espèce de lézard présente sur les coussous est le Lézardocellé. La Crau est le territoire français où ce reptile est le plus fréquent,mais ses populations sont en nette régression (jusqu’à 75 % de diminutionsur certaines zones) et affichent une fragmentation importante. Enfin, leCriquet de Crau est l’insecte emblématique de la pelouse steppique de la Crau. Endémique de ce site exceptionnel, cet orthoptère connaît une forterégression due au fractionnement de la population (dégénérescencegénétique du taxon) par la fragmentation du coussous (aménagements structurants).
L’avenir de la faune sauvage en Crau est lié à la présence d’une mosaïque de milieux passant des coussous aux prairies humides sans oublier les nombreux canaux (roubines) qui offrent des espaces propices à l’entomofaune. L’équilibre entre les prairies, les coussous et les marais est primordial pour le maintien de la diversité écologique de la Crau. Par ailleurs, la pénétration des grands aménagements structurants (voirie, installations militaires, avancée du site industriel de Fos sur Mer…) et la présence d’une décharge à ciel ouvert près d’Entressen menacent la Crau.
 
Alouette calandre (Melanocorypha calandra)
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) Odonate
Butor étoilé (Botaurus stellaris)
Chevêche d’Athéna (Athene noctua)
Cistude d’europe (Emys orbicularis)
Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) ) Odonate 
Criquet de Crau (Prionotropis hystrix rhodanica )
Faucon crécerellette (Falco naumanni)
Ganga cata (Pterocles alchata)
Hydroptila giudicellorum
Huppe fasciée (Upupa epops)
Lézard ocellé (lacerta lepida)
Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioïdes) – P/Be2
Lusciniole à moustaches (Acrocephalus melanopogon)
Milan royal (Milvus milvus)
Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus)
Outarde canepetière (Tetrax tetrax)
Perdrix rouge (Alectoris rufa)
Rollier d’Europe (Coracias garrulus)
  
Les routes et les oiseaux :
 
En 2002 a été fait un inventaire sur les chouettes chevêches d’Athéna (Athene noctua) au niveau des 440 km² de la plaine classée en ZICO et : en résultat, il y a beaucoup moins d’oiseux sur le bord de l axe routier. De grands secteurs restent vides ou avec des densités vraiment très faible : au abord immédiat de Saint Martin de Crau et sur la bordure ouest de la Crau sèche.
Il s’avérerai que les routes sont sources de dérangement pour certaines populations d’oiseaux. Bruit, forte proximité avec la route, danger immédiat, ressources moindre… reste des facteurs limitants.
 
Construire une route dans un territoire aussi ouvert créé une fragmentation importante du milieu. Des espèces ne traversant plus les routes pour rejoindre des congeneres installés de l autre cotés courent à la consanguinité….
 
Pour les mamifères:

  Barbastelle (Barbastella barbastellus) Etape migratoire. C  
  Grand Murin (Myotis myotis) Reproduction. Etape migratoire. C  
  Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrum-equinum) Reproduction. Hivernage. Etape migratoire. B  
  Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersi) Reproduction. Etape migratoire. C  
  Petit Murin (Myotis blythii) Reproduction. Etape migratoire. C  
  Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros) Etape migratoire. C  
  Rhinolophe de Mehely (Rhinolophus mehelyi) Etape migratoire. B  
  Rhinolophe Euryale (Rhinolophus euryale) Hivernage. Etape migratoire. C  
  Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) Etape migratoire. C  
  Vespertilion de Capaccini (Myotis capaccinii) Etape migratoire. B  
 
Pistes d’actions envisageables  pour préserver les ressources :
Maintenir et encourager le pastoralisme extensif ; conserver une hétérogénéité des habitats
(prairies, cultures, coussous, friches), maintenir les surfaces pâturées, les friches et les herbes deprintemps.
Maintien d’un coussous vaste et ouvert avec un pâturage extensif saisonnier et non cultivé.Encourager l’exploitation raisonnée des prairies humides.
Encourager la mise en oeuvre d’études d’impact au préalable à la mise en culture(arboriculture) des prairies ou du coussous en Crau.
Continuer la valorisation des fourrages.
Promouvoir la gestion globale et concertée de la Crau, s’appuyer sur les opérations définies
dans le cadre des procédures Natura 2000, conserver la dynamique des mesures agrienvironnementalesen Crau et maintenir les efforts d’acquisition foncière.
Préserver et restaurer la fonctionnalité des haies et friches dans les prairies.
 
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Samedi 10 novembre 6 10 /11 /Nov 18:51
Statut de protection

Devant l'amputation constante des surfaces de coussouls, s'est élaborée en Crau à partir de 1978 une politique de protection d'un milieu steppique unique en son genre à l'échelle de l'Europe. Commune au monde agricole et aux associations de protection de la nature (Association de Sauvegarde de la Crau, Espaces Naturels de Provence), elle préfigure une gestion globale de l'environnement et de l'agriculture. L'idée de base est que la sauvegarde de la Crau réside dans le maintien de l'élevage ovin et de ses systèmes pastoraux, garants de l'équilibre écologique à préserver. La Crau fut ainsi en 1983 classée par la CEE en deuxième position parmi les 12 sites à conserver en priorité pour la survie des oiseaux sauvages.

La volonté de sauvegarder les steppes de Crau en maintenant les pratiques pastorales a abouti à la mise en place de nombreuses mesures. En 1989 est établie une Action Communautaire pour l'Environnement, qui comporte notamment une aide financière aux acquisitions de terres de coussouls, en contrepartie d'engagements du nouveau propriétaire quand à la préservation du milieu. Il s'agissait mettres ces terres en réserve volontaire, cequi a permis à divers organismes tels que le CEEP, le Conservatoire de l'Espace du Littoral et des Rivages Lacustres, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et à quelques éleveurs, d'acquérir plusieurs milliers d'hectares de coussouls.

En 1990 est instaurée une protection juridique, sous forme de Zones de Protection Speciale (ZPS) relative à la directive européenne de 1979 sur la protection des oiseaux sauvages, qui recouvre 11 500 ha de coussouls. Elle a pour but d'enrayer toute intervention lourde aboutissant à la fracturation de la barrière de poudingue. Elle a préfiguré à la création par l'Etat de la réserve naturelle des coussouls de Crau de 7 500 ha. Cogérée par le CEEP et la Chambre d'Agriculture, cette réserve est un véritable succès pour la préservation de ce patrimoine naturel.

Réglementation

- Circulation et fréquentation de la réserve :

La circulation des véhicules et des personnes dans la réserve est une question récurrente. De nombreux acteurs locaux souhaitent la fermeture des principaux accès aux coussouls pour limiter certaines activités indésirables (rave-parties, vols...). Le problème n'est malheureusement pas aussi simple. D'un point de vue légal, le décret prévoit que "la circulation et le stationnement des véhicules à moteurs sont limités aux voies ouvertes à la circulation publique" (article 21). L'ouverure à la circulation publique est néanmoins très délicate à évaluer d'un point de vue pratique et juridique. Concrètement, la solution à privilégier sera d'établir un plan de circulation, élaboré en concertation avec l'ensemble des usagers, qui pourra faire l'objet d'arrêtés municipaux de la part des maires des communes concernées. Ce projet fait partie des dossiers prioritaires du plan de gestion.

La circulation des personnes quant à elle est libre, sous réserve bien sûr de l'accord des propriétaires et ayant-droits. Les piétons, cyclistes etc. doivent également veiller à ne pas déranger la faune, en particulier au printemps pendant la période de reproduction.

- Canalisations d'hydrocarbures : un grand chantier en Crau

Entre zone industrielle de Fos-sur-Mer et arc méditerranéen, la Crau est un véritable carrefour stratégique. Cela lui vaut de subir depuis longtemps les assauts d'infrastructures de toutes sortes, liées au développement industriel de la région : usines, entrepôts, plates-formes, axes routiers...Les canalisations d'hydrocarbures sont également très développées, et plusieurs fuseaux de "pipeline" ont déjà été creusés dans le coussoul il y a une trentaine d'années. En 2003, deux nouveaux projets de canalisation ont vu le jour. Le premier doit relier le nouveau terminal méthanier Gaz de France de Fos à la station de compression de St-Martin de Crau. Le second, porté par SAGESS (Société anonyme de gestion de stocks de sécurité)) est un oléoduc qui doit approvisionner le site de stockage d'hydrocarbures de Manosque. Le décret de création de la Réserve Naturelle des Coussouls de Crau réglemente strictement toutes constructions et travaux publics et privés (article 16). En vertu du Code de l'Environnement, GDF et SAGESS étaient par conséquent tenus de présenter un dossier de notice d'impact environnemental au Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) pour la réserve naturelle, ainsi qu'à la Commission Européenne pour les espèces et habitats désignés au titre de Natura 2000.

Une concertation très active entre les maîtres d'ouvrage et les co-gestionnaires de la réserve a permis de réduire fortement l'impact de ces projets sur le patrimoine naturel et sur l'élevage ovin. Le projet initial en centre-Crau a ainsi été largement modifié :

- déviation du tracé, initialement prévu le long des fuseaux existants, afin qu'il longe le canal centre-Crau. Cette déviation permet d'épargner plusieurs hectares de coussouls vierges, et réduit l'effet de coupure occasionnée par le tracé

- réduction de la largeur d'emprise du chantier de 40m à 20m

- définition stricte des dates et des modalités des travaux, afin qu'ils perturbent le moins possible la faune et les activités pastorales sur la réserve

Par ailleurs, une série de mesures vient compenser les dommages occasionnés à la Réserve Naturelle et au site Natura 2000. Ces mesures compensatoires, chiffrées à 566 000 euros, serviront pour l'essentiel à acquérir des coussouls vierges, qui seront rétrocédés au Conservatoire du Littoral afin d'assurer leur préservation et la continuité du pâturage. D'autres mesures compléméntaires visent à étudier et préserver le patrimoine naturel et les pratiques pastorales.

Les deux projets ont été validés par le CNPN et la Commission Européenne, et bénéficient depuis l'automne 2006 d'une déclaration d'utilité publique. La pose des canalisations a débuté dans l'été et s'est achevée au printemps 2007. Les gardes de la réserve ont été missionnés pour surveiller le déroulement des travaux et pour mener des formations de sensibilisation auprès des équipes du chantier.

 

et projets
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Vendredi 9 novembre 5 09 /11 /Nov 16:22

Compte rendu du rdv au CEI de st Martin de Crau le vendredi 9 novembre 2007-11-09

 

Etaient présents :

Lydie,  Klervi, Faustine, Camille

 

Stat sur le trafic routier :

N 568 : 18000 véhicules / jours dont 13 % de poids lourds  ( données de 2005)

Pont d’Arles 63 000 véhicules / jours dont 16% de poids lourds

Pour les comptages :

Contacter Robin Vincent 04 42 24 77 75 du CT

Ou Yohan Urie 04 91 28 41 04  de la dir med

SUR LE CD DU PAM, ON A TOUTES CES DONNEES!!!

 

Les évacuations et fossés

113 : a Arles, il existe un exutoire des fossés ( 500 m de chaque coté ) au niveau de Vutier parce qu’il y a une trémie

Il y a donc une station de relevage, qui est entretenue par la société des eaux arlésienne (SEA)

L’eau arrive jusqu’a la station gravitairement

 

568 : des fossés et 2 canaux (centre Crau et un autre )

La route est submergées si il y a des pluies très fortes malgré les travaux de surélèvement de la chaussée qui ont été effectués en 1986, c’est toujours le cas entre le  PR 10 et le PR 12 de fos vers st martin .

 

Le dérasement d’accotement : on enlève le bourrelet qui c’est formé et qui empêche la bonne évacuation des eaux. On ne le fait plus maintenant car on préfère surélever la chaussée et de plus cela ravinait tout si il y avait de grosses pluies

 

Les accidents :

1 camion d’acide c’est renversé un jour, ils ont appelé les pompiers et la gendarmerie qui ont décidé de faire venir un camion de sable afin d’éponger tout l’acide qui c’était répandu. Puis ils ont enlevé la terre imbibée et l’ont remplacée.

C’est le seul incident notoire depuis 17 ans.

 

113 : plusieurs accrochages des véhicules de la dir sont a noter, surtout par les camions dont les conducteurs s’endorment …

 

568 : jamais de problèmes avec les véhicules de la dir med

 

Collisions avec animaux : c’est l’APAC qui s’occupe de les enlever et de les incinérer

En majorité des sangliers et lapins puis de tps en tps des taureaux et chevaux

, pas d’oiseaux a noter  contrairement a ce que nous avait dit le CEEP….

 

Historique des routes

Vers Fos : ancienne route élargie en 1975 car ils avaient prévu de mettre une troisième voie de part et d’autre mais ils ne l’ont pas fait car le port de Fos ne s’est pas assez développé. Voila pourquoi le terre plein central est aussi large.

 

De Fos vers St Martin la route est neuve on suppose qu’il y a un mélange de laitier et de tout venant des carrières de Crau  en dessous de l’enrobée

 

568 il existe une bande de 8 m qui suis la chaussée et qui devait servir a rassembler tout les utilisateurs des sorties latérales et a desservir les mas entre eux, ce qui aurait limité le nombre de sorties sur la route, mais cela n’a pas aboutit, seuls quelque mas ont accepté de fermer leur sortie. L’été dans certains vergers il y a plus de 150 véhicules qui entrent et sortent ( saisonniers )

 

Radars

113 : fixes : 1 et bientôt un autre, ça fluidifie le trafic vers Arles

         Mobiles : il n’y en a pas, c’est trop dangereux. Il y a juste un seul endroit ou les gendarmes acceptent de s’installer.

568 : fixe : 1

         Mobile : de tps en tps

 

 

 

Par Réagir - Publié dans : Compte-rendus RV
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Jeudi 8 novembre 4 08 /11 /Nov 18:28

Compte rendu de la réunion du 31 octobre

 

Agnès et Seb : sont allés rencontrer aménageur du PAM  à Fos. Compte rendu de l’entretient sur le blog, Il va mettre a notre disposition des documents d’ici peux.

Contact avec le syndicat de la nappe de Crau ; il n’est pas accessible pour le moment.

Seb a fait deux cartes par rapport au PAM.

Suggestion : Mettre a disposition sur le blog les questions que l’on souhaiterait poser

         Voir les différentes volontés de gestion de la Crau par les trois communes qui se la partage.

            Se pencher sur les transports fluviaux et ferroviaires, les infrastructures qui sont présentes en ce moment et la possibilité d’un développement de ces réseaux.

 

Camille Faustine et Thomas : sont allées au CEEP

 Compte rendu sur le blog

Ils ont récupérés des noms d’études menées sur le sujet, il faut maintenant qu’ils cherchent ces études.

En ce qui concerne les risques industriels ; ils attendent l’étude hydrologique sur la Crau.

Recherche de documents sur la Crau, son exploitation etc

Attente de données sur la mortalité au bord de ces routes.

 

Klervi : est allée chercher des renseignement sur le site de la chambre du commerce

    Elle a récupéré des chiffres sur le commerce 2007

    Economie Marseille Provence 2007 avec des chiffres des info et un bilan   (il y a un rapport par trimestre)

     Elle a trouve un site du « MASE » c’est un réseau national d’asso qui de base sur un « Le Manuel d'Amélioration Sécurité des Entreprises »  il se divise en secteurs industiels dans toute la France, il y en a un pour le site de Berre on peut trouver des informations sur la sécurité l’hygiène industriel et l’environnement. http/www.maseberre.com

Suggestion : pour l’historique du développement économique du site : http://www.tacussel.fr/tac/daumalin.htm      « du sel au pétrole industrie chimique de Marseille berre au XIXe siècle » ; Xavier Daumalin.    ouvrage sur l’histoire et de développement économique du site de 1808 à 1914

 

Fred : il fini les cartes de Fridlender + annotation.

Il a des problèmes pour récupérer les cartes de Michel Fore

Il attend les cartes des données Natura 2000

Il va récupérer les fonds de carte de Sandoz

Suggestion : se renseigner sur CMACGM armateur qui va s’installer au PAM ; et qui a pour projet la création d’une tour à ça va engendrer des conséquences sur le trafic

(Se renseigner sur le MCS aussi qui va s’installer ici)

 

Aurélie : a répertorié différents projet actuels et futur concernant le PAM.

A fait un topo sur FOS 2XL

A fait un topo sur le transport des matières dangereuses

A récupéré des info et va se renseigner plus précisément sur deux accidents qui ont eu lieu sur la MED (afin d’avoir une base sur la gestion d’un accident sur une route a fort trafic)

A récupéré une liste des sites SEVESO + une carte

Elle va rechercher de la doc sur le site de « la dynamite » localisé sur la RN 568 vers Arles, recherche sur la société, les conditions de stockage des explosifs etc…

Suggestion : mettre en annexe des fiches sur les directives IPPC, SEVESO etc…

Chercher des infos sur :

-le canal du Centre Crau

-Le canal de Craponne

-et le canal de la Fossette

Savoir si ils croisent ou non les nationales

 

Lydie : a récupéré les « Notes de Cadrage des Agents d’Entretien »  donne des infos sur les taches effectuées par le personnel. Il y a déjà une sensibilisation selon les zones de travail, avec un traitement différent.

A récupéré une carte de l’Observatoire Régional des Métiers qui découpe le site en zone d’emplois.

Suggestion : Se renseigner sur le projet de recensement des équipements qui étaient prévu pour 2007, et tenter de le récupérer si il a été fait.

La Crau est un site divisé et géré par différentes communes, se renseigner sur les rapports entre les communes en ce qui concerne cette gestion et les attentes de chaque commune dans l’exploitation du site ( cf les suggestions de Seb)

Faire une carte du découpage administratif qui influe sur la gestion du site de la Crau.

 

Claire : a récupéré des cartes de cadastre de l’époque Napoléonienne pour les villes d’Arles, Fos, Istres, Miramas, Salon, et Saint martin de Crau.

A reconstitué les tracés des voies romaines pouvant correspondre aux routes actuelles : RN113 étant la voie Aurélia et RN 568 la voie romaine du littoral. à ça pourrait amener à la réalisation d’une carte.

A pu réaliser une évolution de ces routes, notamment la RN113 et la 568.

Va rédiger précisément sa partie avec en plus les informations données par Lydie.

Doit encore trouver précisément la date de « construction » des nationales concernées en allant au CETE et la date de construction de l’autoroute qui longe la RN113 (Mais bon …. Ils n’ont rien non plus)

Avec Aurélie a schématisé approximativement les équipements observés le long des nationales lors de notre sortie de repérage.

Va faire un schéma plus précis et à l’échelle afin que l’on puisse travailler dessus et localiser plus rapidement les infrastructures présentes et les endroits posant problèmes.

Suggestion : se renseigner sur un éventuel détournement de Miramas vers Entressein, présence d’un panneau « traversée de Miramas interdite aux poids lourds» au niveau de la sortie vers Entressein sur la RN 569à voir ou ça mène …

Se renseigner sur la fréquentation de la RN569 entre Fos et Istres …

 

 

 

 

Suggestion générale : notamment pour la RN 113 se renseigner sur des différents dispositifs de gestion des abords des réseaux autoroutiers et ferroviaire qui longent le RN113. Quels sont les acteurs de gestion, et quels sont les objectifs et les moyens de gestion de ses réseaux ; est ce qu’il y a concertation ? est ce qu’il y a conflits ? est-ce qu’il y a contradiction dans les techniques d’entretien ?

 

 

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Lundi 5 novembre 1 05 /11 /Nov 16:53

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Vendredi 2 novembre 5 02 /11 /Nov 10:40
DIAGNOSTIC FLORISTIQUE
 
Le coussoul est constitué d'une végétation xérophile herbacée qui donne la physionomie de la grande plaine cravenne. Cette steppe à asphodèle (Asphodelus ayardii) et stipe (Stipa capillata) est particulièrement bien développée et constitue en Crau sèche l'association Asphodeletum fistulosi. Elle est accompagné de tout un cortège d'espèces rares de milieux secs comme Stipa capensis, Helianthemum marifolium et H. ledifolium, Cleistogene serotina. Des variations floristiques existent dans la partie nord plus humide, avec une steppe à brachypode rameux (Brachypodium ramosum) et asphodèle et un faciès à Lavandula latifolia...

L'évolution des "coussouls" :

1- La forêt climatique de chêne vert

Les coussouls surprennet tout de suite par l'abscence de toute végétation arborescente ou arbustive. Tout au plus quelques arbrisseaux, Thymus vulgaris, Lavandula latifolia, y atteignent-ils quelques dizaines de cm, ainsi que quelques Graminées et Euphorbes non broutés. Cette grande étendue désertique est parfois interrompue par quelques vergers qui ont été implantés malgré le poudingue qu'il a fallu faire sauter à la mine... Profitant de ces trous, des ronces poussent au pied de ces arbres, avec quelques phyllaires (Phyllyrea angustifolia) et de rares chênes verts, témoins de la dissémination par les oiseaux qui viennent se percher dans les vergers. C'est ainsi que dans le coussoul, on peut retrouver de rares amandiers, oliviers ou Pyrus amygdaliformis formant des repères naturels dans l'immensité de la plaine.
En bordure des coussouls, des canaux et des cultures, les taillis de chênes verts sont fréquents et seraient les vestiges de la forêt climatique de l'ensemble de la Crau : le Quercetum ilicis. D'autres espèces accompagnent cette yeuseraie comme le chêne kermès (Q. coccifera), l'aubépine (Crataegus monogyna), les phyllaires et les ronces. 
Le coussouls a progressivement gagné du terrain sur ces petits îlots de Quercetum ilicis. En effet, cette "forêt", instable sur de tels sols, aurait été détruite par les action simultanées de la coupe, du feu, de la vie pastorale et de l'ablation éolienne. Cette inexorable tendance à la dénudation a fait évoluer le paysage vers les coussouls actuels.

2- La garrigue de chênes kermès

Succédant la forêt de chêne vert lorsque celle-ci est trop dégradée, la garrigue de chêne kermès se retouve surtout dans les parties de la "coustière" les plus rapprochées des agglomérations (Fos et Mas Thibert), ainsi que sur les collines en bordure des coussouls vers Istres et Miramas. Il est parfois difficile de distinguer le passage de l'association du Quercetum ilicis à celle du Q. cocciferae. Le brachypode rameux y est plus présent (sous-association Cocciferetum brachypodietosum), témoin d'une mobilisation du calcaire par dissolution du poudingue et apports des eaux de la Crau. Souvent incendiées, ces garriques sont fréquemment remplacées par des cistaies (Cistus monspeliensis, C. salviaefolius et C. albidus) qui peuvent aussi succéder directement au Quercetum ilicis.

3- La pelouse à asphodèles et stipes

L'Asphodeletum de Crau est une des associations les plus riches en espèces de la région méditerranénne, que l'on range dans le Thero-brachypodion. Beaucoup de ses espèces sont annuelles et fournissent aux moutons une nourriture peu quantitative mais très qualitative.
Après la destruction de toute association arborescente ou arbustive sur les coussouls s'est développée une pelouse à brachypode rameux (association du Brachypodietum ramosi). Sous l'effet d'un pâturage multiséculaire, celle-ci a donné une véritable association à moutons (Asphodelus fistulosus et Stipa capillata) appelée Asphodeletum fistulosi qui est assez homogène sur tout les coussouls, couvrant d'immenses étendues sans interruption. Beaucoup des caractéristiques de cette association se retrouvent dans le Brachypodietum (Allium chamaemoly, Phlomis lychnitis, Iris chamaeiris, Ruta angustifolia, Euphorbia cyparissias...).
De nombreuses espèces ne sont pas broutées par les moutons : Stipa capillata, Euphorbia seguieriana et E. cyparissias (toxique), Ruta montana, Asphodelus fistulosus, Plantago recurvata. Certaines de ces espèces ont pu être introduites par les moutons transhumants ou importées par l'homme.


Il y a aussi la pelouse à Brachypodium phoenicoides (association du Brachypodietum phoenicoidis) en bordure des marais et des zones de culture (groupement calcicole).
Concernant encore les bordures des marais, on peut aussi y trouver des bois de peupliers (le Populetum albae), en immersion prolongée entre l'automne et le début de l'été, ainsi que la pelouse à Molinia coerulea (Molinietum mediterraneum), submergée de l'automne au printemps.
De vastes peuplements de marisque (Cladium mariscus) donnent aux marais de Crau une physionnomie remarquable (le marais à marisque : Cladietum). 
Les Phragmites et Typha peuvent rompre cette monotonie en se rencontrant dans les laurons (résurgence d'eau naturelle formée par un trou dans la couche de poudingue). 
Il existe aussi le marais à carex, le marais à joncs...




 

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[le galacite cotonneux, le chardon des ânes, le panicaut champêtre, l'avoine barbue, le calament nepeta, la lavande aspic, la corbeille d'argent, l'egylops ovale]
 
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Vendredi 26 octobre 5 26 /10 /Oct 17:35
 HISTORIQUE DE LA PLAINE DE LA CRAU
 
Il y a 2 millions d'années, la mer qui noyait la basse vallée du Rhône, laisse place à la Durance qui étend son delta entre Eyguières et la Camargue.
A cette époque la Durance prend sa source dans les Préalpes, dont les roches calcaires charriées sur des dizaines de kilomètres viennent s'accumuler dans le delta : c'est la naissance de la "vieille Crau" ou "Crau d'Arles" tandis qu'à la même époque Homo habilis fait ses premiers pas debout en Afrique...
Lors des premières glaciations (- 600 000 ans), un nouveau delta se forme à partir du seuil de Lamanon : c'est la "jeune Crau".
Au plus fort de la glaciation du Wurm, il y a 18 000 ans, des mouvements tectoniques ouvrent le seuil d'Orgon entre les Alpilles et le Luberon, la Durance s'y engouffre, et quitte la Crau pour aller se jeter dans le Rhône à hauteur d'Avignon. La plaine couvre alors un vaste territoire au sud des Alpilles jusqu'à la mer et au Grand-Rhône, soit près de 40 000 hectares.
Alors commence l'assèchement du delta fossile de la Durance, ancien cône de déjection qui a donné la plaine alluviale de 57 000 hectares que nous connaissons aujourd'hui.
En provençal le terme Crau désigne une surface pierreuse.

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Déjà, au Néolithique :
Il y a environ 6 000 ans, des hommes parcourent cet espace à la tête de leurs troupeaux. Des marques d'enclos pour l'élevage (murs en arc de cercle de 30 à 40 mètres) datant de la fin du Néolithique (3 000 ans avant JC) ont ainsi été découvertes lors des fouilles archéologiques réalisées ces vingt dernières années.
 
A l'époque romaine, une intense activité pastorale :
L'immense espace de la Crau Gallo-romaine, de même que la Camargue, est favorable à l'essor d'un important élevage extensif. Les nombreux bergers vivent alors avec leur famille, leurs chiens et leurs ânes, sur des sites comprenant bergeries, cabanons, four à pain et puits.
 
Au Moyen-Age, les "capitalistes":
La Crau caillouteuse est divisée en immenses parcelles appelées coussouls ( du latin cursorium, parcours) appartenant à l'aristocratie, aux établissements ecclésiastiques ou aux communautés comme celle de la ville d'Arles. Dans les coussouls, troupeaux et bergers passent la nuit dehors, abrités par de grandes claies de roseaux, dans des enceintes de galets en forme de croissant (les "crosses"). Les propriétaires de troupeaux, que l'on appelle déjà des capitalistes (le terme cheptel vient de capital), recrutent alors leur main-d'oeuvre parmi les gens de la montagne. C'est à cette période que se met véritablement en place le système de transhumance estivale vers les alpages.
 
Aux 16ème et 17ème siècles :
L'irrigation en Crau date de la Renaissance avec les travaux d'Adam de Craponne, ingénieur du Roi Henri II, qui achève un canal de 62 km entre la Durance et l’étang de Berre. Ses collaborateurs, les frères Ravel, en dérivent la branche d’Arles quelques années plus tard. Grâce au retour des eaux de la Durance, la vie des paysans de Crau va changer, l’aridité des coussouls n’est plus une fatalité.
Les travaux d'irrigation transformèrent la partie nord et un peu de la partie occidentale de l'aride plaine en véritables oasis sur lesquelles se trouvent actuellement cultivées les prairies de foin de Crau AOC (aujourd’hui 12 000 ha). En effet la mise en culture des coussouls est facilitée par la richesse en limons des eaux de la Durance : en quelques années d’irrigation gravitaire, les limons déposés recouvrent les galets pour former un sol riche. En plus d’un foin de renommée internationale, ces prairies fournissent une abondante pâture aux brebis pendant l’hiver et sont donc un complément indispensable du coussoul.
 
Au 19ème siècle, avènement de la race mérinos d'Arles :
Les bergeries contemporaines des coussouls datent de cette période. Suite à l'effondrement des cours mondiaux de la laine (1860), la vocation de la mérinos d'Arles doit changer : de "bête à laine" elle se mue progressivement en producteur de viande.
 
A partir des années 1960 :
La croissance des marchés nationaux, les nouvelles techniques agricoles et les parcelles immenses favorisent l'installation de vergers intensifs et grignotent les parcours à moutons : les coussouls.
Le maraîchage envahit les pâturages de Crau avant de régresser dans les années 1970, remplacé par l’arboriculture intensive. Les vergers couvrent aujourd’hui près de 5 000 ha. Autres causes de régression des coussouls : infrastructures, carrières, complexes militaires et industriels y trouvent aussi de vastes surfaces à conquérir.
Aujourd'hui, plus de 75 % des surfaces de coussouls ont disparu. Il en reste à peine 7 000 hectares.
Le CEEP agit depuis 1987 pour la protection de la plaine de la Crau, dernière plaine steppique de France.
 
L'élevage transhumant de Crau, avec l'appoint de techniques nouvelles (clôtures mobiles, panneaux solaires, radiotéléphonie, hélioportage en alpages...) est bien placé pour répondre à la société concernant l'entretien de l'environnement et de la biodiversité : entretien de milieux ouverts, maintien de la flore des prairies de Crau, défense de la forêt contre les incendies dans les massifs et collines, prévention des avalanches en montagne...
Avec plus de 100 000 brebis pour environ 160 éleveurs, la plaine de Crau demeure le principal terroir de l'élevage ovin de Basse Provence. Sa place dans l'économie régionale est prépondérante : qualité et variété des agneaux produits, vente de reproducteurs mérinos d'Arles, complémentarité avec la production de foin de Crau, embauche de bergers salariés, installation de jeunes bergers sans terre, nombreuses foires ovines qui parsèment les saisons et réunissent tondeurs, marchands, transporteurs éleveurs alpins...
 
COMMENTAIRES GENERAUX
 
La plaine de la Crau, épandage naturel de cailloutis grossiers sur un sol plus ou moins argileux, mis en place par l'ancienne Durance, constitue un vaste plan incliné s'abaissant du nord-est au sud-ouest. Son sommet est au seuil de Lamanon (séparation entre les Alpilles et la chaîne des Costes) à 116 m d'altitude, sa base atteint les marais de la "coustière" à une côte d'environ 0 m.
Ce vaste territoire présente un déficit hydrique qui détermine une végétation xérique (en limite du semi-aride dans sa partie sud selon le diagramme d'Emberger). Le pâturage multiséculaire a crée une association végétale spécifique qui est l'une des plus riche de toute la région méditerranéenne : le coussoul. La Crau sèche est l'unique zone méditerranéenne française présentant de tels biotopes steppiques, s'apparentant à un reg d'Afrique du nord. L'irrigation a permis, surtout au nord de la plaine, l'installation de prairies productrices d'un "foin de Crau" réputé (AOC). On peut ainsi distinguer ainsi la Crau humide qui est une zone de prairies crées grâce à l’irrigation où l’on cultive le foin de Crau, et la Crau sèche, dernière steppe aride d’Europe (coussouls).
 
A quelques centimètres sous la surface du sol s'étend une véritable dalle de ciment naturel : le poudingue (ou "taparas"en provençal), roche imperméable et résistante qui se forme à cause du calcaire contenu dans les eaux de ruissellement, qui ont progressivement enrobé les galets jusqu'à les cimenter entre eux sur une épaisseur pouvant atteindre plusieurs mètres.
Ainsi, rares sont les arbres qui ont réussi à pousser dans le coussoul, en faufilant leurs racines dans les failles du poudingue pour accéder à la nappe phréatique pourtant peu profonde. C'est donc la strate herbacée servant de pâture aux moutons (coussoul) qui est le milieu caractéristique de la plaine de Crau.
 
La végétation est soumise à la sécheresse estivale du climat méditerranéen (aridité au moins trois mois par an), amplifiée par un mistral qui souffle 110 jours par an, et à l'abroutissement saisonnier des moutons, ce qui entretient "l'écosystème coussouls". Ce dernier se présente donc comme le résultat d'un éqilibre multiséculaire entre le sol, le climat, la végétation et le pâturage.
 
Par Réagir
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Vendredi 19 octobre 5 19 /10 /Oct 16:34
Bienvenue chez REAGIR!
Voici le compte rendu de la réunion de vendredi 19 au matin à la DIR de Septème.
Vous êtes invités à agrémenter ces paragraphes ou à en créer de nouveau grâce à vos recherches, ceci afin d'avoir une ébauche du diagnostic.


Entretien des bords de routes:
Le travail consiste
- au ramassage des macro déchets: avant la fauche (pour éviter que certains déchets n'endommagent les faucheuses) et après (car la fauche fait ressortir de nombreux plastics qui posent d'ailleurs beaucoup problème). Eventuellement un autre ramassage est effectué pendant l'année mais la DIR n'a pas les moyens de la faire plus souvent.
- au fauchage sur quelques mètres (jamais au dela du fossé, sauf sur les grandes zones) et débroussaillage (ça arrive de tailler sur des propriétés privées).
- au curage des fossés
Par endroit, la DIR entretient une zone naturelle classée.
Le travail effectué a un impact sur zone naturelle à proximité (ex: la pulvérisation de désherbant aura un impact sur la végétation et donc les habitats (faucon cresserelette).
Le champ de d'intervention de la DIR est cadré dans un arrêté (=> identifer cet arrêté) qui concède une responsabilité sur 20 mètres à partir du bord de route.
De manière générale, le process est détaillé dans une note de cadrage d'entretien que va nous remettre I. Balaguer.

L'entretien s'arrête là où commence le domaine public. En revanche il y a des arrêtés de débroussaillement en fonction du risque d'incendie dans certaines zones boisées. Mais il n'y a pas de plan et l'arrêté est peu respecté. En réalité le fauchage et le débroussaillage représentent 1 million d'€ par an. Il y a un problème de coût par rapport aux règles DFCI (???). (Pour résoudre ce problème l'ONF a mis en place sur les bords de route de la Gineste des paturages de moutons).
"La priorité c'est la sécurité des agents sur le réseau"

Fauchage:
Sur la RN113 il y a un gros problème avec la Canne de Provence. Les machines n'arrivent pas à faucher, elles colonisent les fossés. Sur Marseille c'est l'Ailanthe qui colonise les TPC (terre plein central). De plus la Canne est un allergène.
En ce qui concerne les arbres d'alignement, (certains sont classés d'ailleurs) ils posent problème:
- lorsqu'ils sont trop proches de la route et crée un risque pour la sécurité routière; dans ce cas des glissières sont mises en place.
- ça oblige à les tailler et à réaliser un suivi phytosanitaire car un arbre malade présente un risque s'il tombe sur la chausseé, et la DIR est responsable. (Le cyprès est sensible à un virus)
Cet entretien est sous traité. Si l'abattage se présente, le préfet prend la décision (ou la commission départementale des sites). Les questions qui se posent sont "Est ce qu'on replante ou non? Quelles espèces? A quel endroit? Que fait on de la souche?

En ce qui concerne les animaux morts sur les routes ou bas-côtés, il n'y a de procédures encadrées qu'au-delà d'un certain gabarit (notion à préciser). En deçà, aucune prescription en fonction de normes environnementales, de mesures de protection des espèces mais uniquement des précautions relatives aux normes d'hygiène.
Il est à noter qu'il serait intéressant de disposer d'un recensement de la mortalité animale, notament en zone naturelle.

Les différents acteurs:
- la DIR et ses deux équipes d'entretien
- le gestionnaire de la réserve (CEEP)
- les bergers (à rencontrer)
La zone d'interface est gérée par plusieurs acteurs mais personne ne se coordonne, il n'y a pas de concertation.
Par exemple, quelle connaissance ont les agents d'exploitation des bergers?

Les 2 centres d'entretien et d'intervention:
- Lavera qui gère la RN 569 et 1569 jusqu'au croisement avec la RN113 ainsi qu'une petite partie de la RN568 en partant du sud jusqu'au carrefour de la Fossette. Sur la RN569 il y a des coupures dans le réseau.
- St Martin de Crau qui gère la RN568 à partir du carrefour de la Fossette vers le nord ainsi que la RN113.


Les routes:
En section courante il y a un devers d'environ 2,5 % (formant un ^).
En virage il y a souvent un devers unique.
Les ingénieurs prévoient une structure importante pour la stabilité qui est dimensionné pour supporter le traffic. Par contre les routes s'usent et il faut renouveller les couches.

La structure de la chaussée est importante et joue un rôle évident sur les écoulements. Mais qu'y a t'il dessous? Souvent, du gravier et du machefer. Pour la DIR c'était intéressant de recycler ce matériau (faible coût). Mais dans l'ensemble il n'y a pas "grand chose":
- des cendres volantes de l'usine thermique de Gardanne qui ont une prise très rapide, comme du ciment
- des gravillons mélangés avec des "laitiers" = résidus de la sidérurgie qui ont une prise assez lente.
Donc une chaussée hydrocarbonée = gravillons + liquide.
"Le bitume est un déchet rentable".
Problème de la tourbière sacrifiée sous la N113 entre Arles et St Martin de Crau, d'où la régulière déformation de la route.

Par rapport à la vitesse de circulation, il y a des arrêtés à respecter dont la DIR est responsable. Ca interfère peu avec notre problématique. Par contre ça peut jouer dans la collision avec les animaux. Enfin c'est une contrainte pour les agents d'exploitation (ils doivent effectuer certaines tâches la nuit lorsque le traffic est moindre).

Les glissières:
Il y a des règles d'implantation qui dépendent du remblai, de la hauteur de l'accotement etc...
Cela dépend du risque pour l'usager de s'écrager en contrebas.
Par contre la glissière réduit le risque pour les piétons occasionnels.

Repérage:
Il y a un système de repérage par PR + abscisse sur un profil en long. Le bornage kilométrique n'existe presque plus. Maintenant il y a des petits panneaux qui indiquent le PK (point kilométrique, tous les kilomètres) et le PR (point de repère à peu près tous les kilomètres). Il y a un numéro avec la distance depuis lepoint d'origine. Mais avec l'avènement des GPS, il faut faire la correspondance avec les coordonnées XY et le PR/ abscisse.Donc si un automobiliste prévient un incident, on a un problème pour le localiser bienqu'il donne les coordonnées que lui indique son GPS car l'agent du centre d'exploitation ne connait pas ces coordonnées.


Gestion de crises:
L'équipe met en place des déviations en relation avec le PC traffic. Le but est de faire passer le traffic. On ferme quand on est obligé à la demande des pompiers ou de la police. Souvent ils ont besoin de l'emprise globale de la route.
Les agents neutralisent les voies et installent des flèches lumineuses de rabattement.
En 2006 il y a eu un accident sur l'A55 au niveau de la sortie de la Mède. Un poids lourd qui contenait de l'essence et du gazoil s'est enflammé. La route a été coupée pendant 8h. Il y avait un risque sur un ouvrage d'art, il a fallu refaire la chaussée, les glissières etc...


Les pistes à étudier...

- S. Leroux: "On aimerait bien trouver une plante à semer sur les bords de routes. Mais pour limiter le fauchage il faudrait une plante qui ait une croissance limitée, des plantes rustiques qui n'aient pas besoin d'entretien. De plus il y a un risque d'érosion aux premières pluies."
- Rôle du talus central dans la mortalité de certaines espèces (ex.: faucon crécerelette)
- Existence d'un conflit politique autour de la question du suivi phytosanitaire(Guérini/Gaudin)? Conséquences ?
- Quand il y a de fortes pluies l'eau remplit les bassins et on ne sait pas comment traiter ces volumes d'eau.
- La pollution accidentelle et les problèmes que ça pose par rapport aux périmètres de captage d'eau potable.
Le traffic de matières dangereuses et d'essence crée un vrai risque en cas d'accident.
De plus il n'y a pas de réseau séparatif (comme sur les autoroutes où un premier fossé récupère le ruissellement de la route et un deuxième fossé récupère les écoulements du bassin versant qui eux ne sont pas pollués). Du coup les bassins reçoivent une quantité d'eau trop importante pour être traitée.
Dans le cas d'une pollution accidentelle un agent ferme une vanne de captage. La terre est envoyée en décharge. Existe-t-il un système de récupération des polluants ?
- Problème avec les usagers qui s'approprient la route (pose de panneaux, plantations...) ainsi que les panneaux publicitaires qui ne sont pas autorisés en campagne. Les agents ont la consigne de les enlever.
- Faire de la sensiblisation auprès des usagers.
- Routes classées/déclassées : caractéristiques ?

- Déclaration d'Utilité Publique en vigueur autour de Miramas pour l'élaboration de la déviation : I.Balaguer devrait nous communiquer l'étude d'impact réalisée. De plus, A. Fridlender nous propose de nous remettre l'étude d'impact qui a été réalisée cette fois autour de Port de Bouc dans le cadre de la réalisation de l'A55.

Objectifs semaine 43 :

- Prise de RV avec Alain Lavigne, responsable du CEI de St Martin de Crau (inviter Isabelle Lascour à se joindre à nous) : planning des entretiens avec les agents techniques, connaissance de l'historique des routes [Tél 04 90 54 69 55 ou 06 15 46 43 22 ]

- Prendre contact avec Frédérique Gerbaut Molin, spécialiste environnement, naturaliste au CETE, en vue de récupérer des études d'impact, les procédures et règlements sur le thème Routes/Sécurité/Environnement.
- Contacter Philippe Angelini, responsable données localisées (DIRmed, Marseille), pour renseignements quant aux stats trafic (historique pour croisement des données avec accidents, pollutions...), localisation ou carte des PR. Nous devrions être orientés vers François Lattuca. [Tél accueil : 04 91 96 35 00 ]
- Demander auprès de la DIREN l'autorisation d'exploiter leurs couches carto format Mapinfo de la part d'I.Balaguer.
- Prise de RV avec Cécile cambrils à l’ONF de Aix 04 42 17 57 00, se recommander de A. Fridlender.
- Contacter à l'IUP Maurice Ambrosio au 63 73 concernant les sols pollués. E-mail : maurice.ambrosio@univ-provence.fr







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