histoire et évolution des routes

Publié le par Réagir

L'oeuvre civilisatrice de Rome sur les contrées soumises passe, entre autre, par la construction d'un réseau de voies qui convergent vers la capitale et permet une communication aisée avec les "provinces".

Ces voies, qui sont avant tout des axes militaires, sont tracées sur d'anciennes drailles ou chemins gaulois existants remaniés, ou ont été créées de toutes pièces dans le souci d'un tracé rectiligne, le plus court possible.

La Gaule Narbonnaise était parcourue par deux Via Publicae venant de Rome. D'une part la voie Domitienne qui passait par les Alpes Cotiennes (Mont Genèvre, Briançon, Gap, Cavaillon, etc.) et d'autre part, plus près de la côte, par les Alpes Maritimes, la Voie Aurélienne.

D’une certaine façon, les voies romaines survivent à l’empire jusqu'à charlemagne, elles sont alors seules à assurer la circulation et la communication entre des citées. A l’époque la circulation ne nécessite pas de plus amples aménagements.

 

Lors de la décadence de la prépondérance de Rome et ce durant la seconde moitié du Vème siècle et le siècle suivant, le pouvoir central dépassé par les troubles et les invasions barbares, abandonna progressivement l'entretien régulier de ces voies

A l’époque carolingienne, c'est-à-dire le début de l’époque féodale, les changements sont peu nombreux et les voies romaines sont encore l’essentiel moyen de circuler

La féodalité, entreprenant le découpage des terres agricoles en fiefs, se sert néanmoins de ces voies antiques et de l'implantation des milliaires comme base inaliénable aux limites administratives des communes du Moyen-Âge naissant

 

Du VII ème siècle au IX ème siècle, en revanche de grand changement s’opèrent  la période d'insécurité demeure obscure par bien des côtés, l'économie se délabre et se cantonne à des échanges localisés, il n’y a plus d’échange entre les citées

Les gens ne s’aventurent pas sur les chemins, il y a trop d’insécurité. Les populations n'avaient pas d'autre choix que de se regrouper sous la protection d'un seigneur.

 

Les grandes voies internationales si elles ont survécu, voient progressivement leur revêtement de pierre ou de gravier se dégrader, on rétrécira leur emprise, pour ne conserver que le strict nécessaire au trafic.

 

 

Après la chute des barbares c’est l’église, et l’amélioration de la sécurité, qui fait renaître les échanges entre les cités. 

 

Après la guerre de 100ans le réseau routier ne s’est pas amélioré, jusqu'à la fin du XVe siècle il est encore à faire.

Ce sont des pièces juxtaposées de chaussée romaine, voies de pèlerin, chemin sauner, draille de transhumance, sentiers ruraux, forestiers et routes seigneuriales… (Ils sont mal soudés à leurs réseaux voisins et sont centrés vers leur capitale)

 

 

La RN113 :

La routes entre Arles et Salon de Provence est représentée sur les cartes les plus vielles.

Il serait possible d’associer son tracé à celui de la voie Aurélia, cette voie suit un très ancien chemin de trans­humance celto ligure, une « draille ». Malheureusement le tracé même de cette "Viae Publicae" est sujet à controverse la voie joint en effet les villes de Salon et Arles ce qui correspondrait au tracé actuel de la nationale 113. Mais de manière plus précise, il semblerait que la voie romaine passe au dessus de la nationale, par Eguières, Aureille (d’où viendrait son nom) et Mouries, puis rejoint Arles.

La Voie Aurélienne  est visible encore sur 5m sur le domaine du Merle en Crau et il existe encore aujourd’hui à Salon une borne miliaire qui témoigne de son existence.

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Au cours de l’histoire la route a évolué. Ainsi elle apparaît sur la carte de Cassini datant de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sous le nom de route d’Arles ; à cette époque il arrive de la voir apparaît sous le nom de « route royale ».

En 1827 la route d’Arles se trouve classifiée comme une « route de 3eme classe »

En 1822 sur le cadastre napoléonien e la ville d’Arles ainsi que sur d’autres cartes, notamment une carte de 1833, la future nationale 113 est déjà répertoriée comme « route départementale n°1 d’Arles à Marseille » c’est alors un axe très important dans le département.

Cette classification va durer jusqu’à la fin du siècle comme le montre une carte routière (de 1922) représentative du réseau  routier des Bouches du Rhône à la fin du XIXe où la future nationale 113 est encore nommée « départementale n°1 ».

En 1922 sur le Plan du village de St Martin de Crau, la « départementale n°1 » est inscrite comme « chemin de grande communication n°4 » ; de même que sur un plan d’assemblage du territoire de St Martin de Crau datant de 1925. La classification officielle de ces routes n’était pas encore définitive ou définitivement connue.

 

 

RN 568 :

La route qui relie Arles et Fos date de l’antiquité. En effet elle apparaît déjà sur la carte de Peutinger[1] en un axe direct entre Fossis Marianis, qui est alors un grand port, et Arelate. Par ailleurs, son tracé actuel de nationale correspond parfaitement au tracé de la voie Littoral. Cette voie romaine est un embranchement de la via publicae Aurelia et va de Marseille à Arles.

 

table-peutinger.jpg

 

Sur la carte de Cassini l’axe Arles Fos est visible il est représenté de la même manière que la route d’Arles mais n’est pas nommée.

Sur une carte de 1827 la future nationale 568 est classée « route de classe 3 » comme l’axe Arles Salon.

En 1833 la RN 568 apparaît comme route départementale sur une carte pourtant, comme ce fut le cas précédemment pour l’axe Arles Salon, il semble que cette classification ne soit pas suivie ; en effet, sur une carte de 1896 elle apparaît encore comme un chemin d’intérêt commun, le n°30.

Et  sur le plan d’assemblage du territoire de St Martin de Crau datant de 1925 la nationale 568 porte aussi cette appellation de « chemin d’intérêt commun n°30.

En Mars1974 la RN 568 est mise en service en tant que telle, c’est alors la voie rapide Fos Arles.

 

 

Nationales 569 et 1569 :

         La route nationale 569 est particulière ; cet axe de communication n’a pas subit une évolution globale mais par tronçon au cour de l’histoire. Sans compter sur la déviation de le RN 569 en RN 1569 qui contourne Istres. Les tronçons sont délimités par les quatre villes que la nationale traverse.

 

Nous allons donc observer ces tronçons individuellement :

 

Miramas (jonction avec la RN113)-Salon :

Il existait déjà une voie de communication entre Istres et Salon au XVIIIe siècle, elle apparaît déjà sur la carte de Cassini (mais pas l’axe entre Istres et Fos).

Sur la carte administrative des Bouches du Rhône datant de 1822 l’axe routier entre Istres et Miramas est clairement représenté même si il n’est pas nommé.

Il apparaîtra sous le nom de chemin de grande communication n°7 sur la carte routière de la fin de XIXe (édité en 1922).

Quand à l’axe routier entre Miramas et la jonction avec la 113 (alors appelée chemin de grande communication n°30), on le voit sur le plan d’assemblage de du territoire de St martin de Crau datant de 1925 sous le nom de « chemin de grande communication n°9 »

En juin 1976 la RN 569 est déviée entre Fos et Rassuen et devient la RN 1569 avec le tracé qui nous concerne aujourd’hui.

 

  

Istres-Fos :

La route entre Istres et Fos est visible sur une carte du début du XIXe siècle (plan d’une partie de communes d’Istres Fos et St Mitre) alors appelée « chemin de Grande communication n°8.

En 1974 la RN 569 n’est pas encore une nationale entre Fos et Istres, c’est alors une route à trafic local.

 

 

En novembre 1976 un décret déclare d'utilité publique et urgente la construction de la section de l'autoroute A56 entre Fos et Miramas.



[1] La table de Peutinger ne date que du Moyen Age, mais c’est la copie (de copie...) d'une carte routière de l’empire romain, unique. C’est la carte des étapes de Castorius où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain on peut situer ses dates entre -109 et 308.

 

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